Premier vol du Guépard H160M, le futur hélicoptère militaire français

Premier vol du Guépard H160M, le futur hélicoptère militaire français

Premier vol du prototype Guépard H160M, plateforme HIL pour Armée de Terre, Air et Marine, doté de capteurs et coopération drone

Le 24 juillet 2025, le prototype de l’hélicoptère H160M « Guépard », développé par Airbus Helicopters dans le cadre du programme Hélicoptère Interarmées Léger (HIL), a effectué son premier vol depuis Marignane. Cet événement marque une avancée majeure dans la modernisation des forces françaises. Conçu pour remplacer cinq modèles aujourd’hui en service ou retirés — Gazelle, Fennec, Panther, Alouette III et Dauphin — le Guépard doit former une plate‑forme unique destinée à l’Armée de Terre, l’Armée de l’Air et de l’Espace et la Marine Nationale. Le programme prévoit 169 exemplaires : 80 pour l’Armée de Terre, 49 pour la Marine, 40 pour l’Armée de l’Air et de l’Espace. L’entrée en service opérationnel est programmée autour de fin 2028, avec début des livraisons à la fin de 2028 et exploitation progressive jusqu’en 2030.

Le H160M dérive du civil H160, certifié en juillet 2020 et livré dès décembre 2021. Il combine une motorisation Safran Arrano bi-moteur, une cellule tout composite légère de classe 6 050 kg MTOW, une vitesse de pointe de 272 km/h et une autonomie maximale de 848 km. Il intègre une avionique FlytX de Thales, un radar AirMaster C, un système optronique Euroflir 410 et un système d’armes modulaire HForce, incluant missiles Sea Venom, roquettes guidées ou mitrailleuses podées. Il est conçu pour coopérer avec des drones tactiques même en environnement brouillé.

Le programme HIL et le choix du Guépard

Le programme HIL, lancé en 2017, répond à un besoin clair : réduire la diversité des modèles dans les trois armées. La DGA a validé 169 unités à commander à Airbus Helicopters, un volume réparti en 80 pour l’Armée de Terre, 49 pour la Marine National et 40 pour l’Armée de l’Air et de l’Espace. Ce positionnement interarmées exige une plate‑forme polyvalente capable de réaliser des missions de transport léger, de reconnaissance, de soutien au feu, d’évacuation et de surveillance maritime.

Le Guépard est dérivé du civil H160, lui-même certifié par l’EASA en juillet 2020, et en service depuis décembre 2021 en version civile d’observation au Japon, démontrant déjà un taux de disponibilité supérieur à 95 %. Cet héritage civil garantit une maintenance simplifiée et des coûts d’exploitation réduits de l’ordre de 15 à 20 % inférieurs à ceux de plateformes plus anciennes.

Le premier vol : éléments clés et calendrier

Le prototype H160M Guépard a réalisé une mission de 50 minutes depuis Marignane le 24 juillet 2025, piloté par un équipage de quatre membres, avec des ingénieurs de vol de Airbus Helicopters et la supervision de la DGA. Deux vols de suivi, l’un de 1 h 50 le 22 juillet, l’autre d’environ 1 h peu après, ont fait partie de la campagne initiale d’ouverture du domaine de vol.

Cette campagne, organisée avec trois prototypes, s’étendra sur environ trois ans, jusqu’à la mise en service prévue fin 2028. Le deuxième prototype servira aux essais climatiques (températures extrêmes), tandis que le premier exemplaire sera utilisé pour valider les performances de vol et effectuer des campagnes de tir prévues dès 2026. Un prototype a également été livré à la DGA Essais en Vol dès mi‑juillet pour des essais et qualification d’équipements.

Caractéristiques techniques et équipements

Le Guépard pèse 6 050 kg en masse maximale au décollage, comprend deux moteurs Safran Arrano 1A d’environ 738 kW chacun, cinq pales Blue Edge pour réduire le bruit de 3–4 dB et augmenter la charge utile d’environ 100 kg comparé à un Dauphin similaire. Il offre une vitesse maxi de 272 km/h, rayon d’action de 848 km ou autonomie en vol continu de cette distance.

L’avionique Thales FlytX, testée dès ce premier vol, combine des consoles multifonctions, un système mission modulaire et un lien de données tactique, minimisant consommation électrique et encombrement. Le radar AirMaster C et la caméra optronique Euroflir 410 assurent la détection, la reconnaissance et le suivi, même dans un espace électromagnétique brouillé.

Le système d’armes Airbus HForce permet le montage de roquettes guidées, mitrailleuses 12,7 mm en pods, armement axiale en sabord et l’intégration du missile Sea Venom anti‑navire, avec aussi des missiles anti‑chars selon mission. Le Guépard est le premier à intégrer nativement un système de coopération avec des drones tactiques, permettant liaison de données, guidage et partage de capteurs en environnement perturbé.

Perspectives opérationnelles et réflexion critique

Le Guépard vise à rationaliser la flotte des forces françaises, réduire les coûts logistiques et améliorer la flexibilité interarmées. Le remplacement des anciens modèles hétérogènes par une unique famille réduit la complexité et accroît la disponibilité opérationnelle. Cependant, ce choix de standardisation comporte des risques : une panne généralisée ou une vulnérabilité technique affecterait l’ensemble des missions.

La certification, planifiée entre 2026 et mi‑2028, doit valider l’intégration des armes, des capteurs tactiques et la robustesse en conditions exigeantes (salines, désertiques, opérations navales). La maintenance prédictive, l’évolution des logiciels FlytX et les futurs déploiements (dans les zones extérieures à l’Europe) seront déterminants pour la fiabilité sur le long terme.

Le volet export est également envisagé. Airbus vise des discussions commerciales pour proposer le H160M à des clients internationaux, notamment en Europe, auprès de nations recherchant une solution moderne, multi‑mission, avec coûts d’exploitation maîtrisés.

À l’occasion de ce premier vol, le Guépard confirme sa capacité à fédérer les besoins des trois armées françaises autour d’une plate‑forme commune et moderne. L’appareil pose les bases d’un outil opérationnel conçu pour la polyvalence, la coopération drones-hélicoptère et l’intégration armes modulaires. Reste à valider sa performance dans les campagnes d’essais prochaines : fiabilité en conditions réelles, résistance aux brouillages, maintenance en zone de conflit, et modularité des missions.

Livraisons prévues à partir de fin 2028, déploiement progressif jusqu’en 2030, cet hélicoptère marquera une étape technique et stratégique dans l’outil militaire français.

Premier vol du Guépard H160M, le futur hélicoptère militaire français

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