Airbus Helicopters en plein essor : 544 commandes et une usine NextGen à Marignane

Airbus Helicopter

Airbus Helicopters enregistre 544 commandes en 2025, porté par la défense européenne, et lance une usine NextGen à Marignane pour moderniser sa production.

Airbus Helicopters a confirmé une année 2025 exceptionnelle avec 544 commandes enregistrées, un niveau rarement atteint dans l’histoire récente du groupe. Cette performance s’inscrit dans un contexte de réarmement européen et de tensions géopolitiques durables. La défense représente désormais une part croissante du carnet de commandes, notamment grâce aux programmes H145M, NH90 et H225M.

Dans le même temps, le constructeur a lancé à Marignane la construction d’une usine dite NextGen, destinée à transformer en profondeur sa chaîne d’assemblage. L’objectif est clair : gagner en cadence, réduire les délais et digitaliser la production pour absorber la demande.

Derrière ces annonces, une réalité industrielle se dessine. Airbus Helicopters ne se contente pas de vendre davantage. Le groupe investit pour adapter son outil industriel à un cycle de croissance qui pourrait durer au-delà de la décennie.

La confirmation d’un record de commandes pour Airbus Helicopters

Les résultats consolidés publiés ces jours-ci montrent une dynamique robuste. Avec 544 commandes brutes en 2025, Airbus Helicopters dépasse les volumes observés ces dernières années. À titre de comparaison, le groupe avait enregistré environ 410 commandes en 2022 et 393 en 2021.

Le chiffre est significatif. Il traduit un regain de confiance du marché civil, mais surtout une accélération des programmes militaires en Europe. La guerre en Ukraine a profondément modifié les priorités budgétaires. Les États européens ont augmenté leurs dépenses de défense. Selon les données de l’OTAN, les budgets cumulés des pays européens ont progressé de plus de 10 % en termes réels entre 2022 et 2024.

Airbus Helicopters bénéficie directement de cette dynamique. Le H145M, version militaire du H145, s’impose comme un appareil polyvalent pour les forces spéciales et les missions de reconnaissance armée. Le NH90 continue d’être commandé pour des flottes existantes, malgré les critiques sur la disponibilité. Le H225M, quant à lui, séduit pour des missions de transport lourd et de recherche et sauvetage.

Le carnet de commandes global d’Airbus Helicopters représente désormais plusieurs années de production. Cette visibilité est stratégique. Elle sécurise l’emploi et justifie des investissements industriels lourds.

La montée en puissance de la défense européenne dans le portefeuille

La structure des commandes évolue. Historiquement, Airbus Helicopters dépendait fortement du marché parapublic et civil : services médicaux d’urgence, transport offshore, forces de police. Aujourd’hui, la défense européenne prend une place plus centrale.

Les pays d’Europe centrale et orientale ont modernisé leurs flottes. L’Allemagne, la Hongrie, la Serbie ou encore la Pologne ont commandé des H145M ces dernières années. L’Espagne et la France poursuivent le renouvellement de leurs capacités.

Cette tendance s’inscrit dans une logique de souveraineté industrielle. Les gouvernements européens cherchent à sécuriser des chaînes d’approvisionnement locales. Airbus Helicopters, avec ses sites à Marignane, Donauwörth et Albacete, répond à cette attente.

La demande militaire a un effet stabilisateur. Les contrats sont souvent pluriannuels. Ils incluent des services de soutien et de maintenance sur vingt ou trente ans. Cela renforce la résilience financière du groupe.

Le lancement de l’usine NextGen à Marignane

Au-delà des chiffres, l’annonce la plus structurante concerne l’outil industriel. Airbus Helicopters a lancé la construction d’une nouvelle usine dite NextGen à Marignane, près de Marseille. Ce site historique emploie plus de 8 000 personnes. Il constitue le cœur de la production française.

La future usine vise à moderniser la chaîne d’assemblage final. Elle intégrera des processus numériques avancés :

  • jumeaux numériques des appareils
  • traçabilité en temps réel des pièces
  • automatisation partielle des flux logistiques
  • réduction des déplacements internes

L’objectif est double. D’abord, augmenter la cadence de production. Ensuite, réduire les coûts unitaires.

Dans l’aéronautique, le délai entre la commande et la livraison peut dépasser 24 mois. Airbus veut raccourcir ce cycle. Une meilleure organisation industrielle permettrait de réduire les stocks intermédiaires et d’améliorer la productivité.

L’investissement exact n’a pas été détaillé publiquement dans toutes ses composantes, mais il s’inscrit dans un plan plus large de modernisation industrielle d’Airbus en France.

La transformation des chaînes de production face à la demande

La hausse des commandes impose une adaptation rapide. Produire 544 appareils commandés ne signifie pas les livrer dans l’année. En 2023, Airbus Helicopters avait livré environ 346 hélicoptères.

Augmenter les cadences nécessite de sécuriser les fournisseurs. Les moteurs, transmissions et composants électroniques sont soumis à des tensions d’approvisionnement. La pandémie puis la reprise brutale ont désorganisé certaines chaînes mondiales.

La stratégie NextGen vise à réduire la dépendance à des flux logistiques complexes. Airbus investit dans la digitalisation pour anticiper les retards et optimiser les flux.

La question est simple : peut-on produire plus vite sans compromettre la qualité et la sécurité ? Dans l’aéronautique, la tolérance à l’erreur est nulle. Chaque modification de cadence doit être validée par les autorités de certification.

Airbus Helicopters cherche donc un équilibre. Accélérer, mais sans brûler les étapes.

La consolidation d’une position dominante en Europe

Avec ce niveau de commandes, Airbus Helicopters conforte sa place de premier constructeur mondial d’hélicoptères civils et parapublics en termes de livraisons. Le groupe détient environ 50 % du marché civil mondial selon ses données internes.

La concurrence reste active. Leonardo Helicopters, basé en Italie, défend ses positions. Bell et Sikorsky, aux États-Unis, dominent certains segments militaires.

Mais le contexte européen favorise Airbus. Les États membres privilégient des solutions industrielles locales. Le débat sur l’autonomie stratégique renforce cette tendance.

Le succès commercial ne garantit pas une trajectoire linéaire. Les cycles de défense sont par nature volatils. Une détente géopolitique pourrait ralentir les budgets. Mais à court et moyen terme, la dynamique reste solide.

La projection au-delà des chiffres

Les 544 commandes constituent un signal fort. Elles traduisent une confiance renouvelée dans la capacité d’Airbus Helicopters à livrer et à soutenir ses appareils.

La construction de l’usine NextGen montre que le groupe anticipe une demande soutenue. Moderniser l’outil industriel n’est pas un luxe. C’est une nécessité pour rester compétitif face aux industriels américains et asiatiques.

La question désormais porte sur la durée de cette phase d’expansion. Les tensions géopolitiques actuelles soutiennent la demande militaire. Mais la transformation industrielle doit être pérenne.

Airbus Helicopters joue une carte ambitieuse. Accélérer les ventes tout en réinventant sa production. Si le pari industriel est tenu, Marignane pourrait devenir l’un des symboles européens d’une défense réarmée et d’une industrie modernisée.

HELICOLAND est le spécialiste de l’hélicoptère.

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