SkyDrive prépare le lancement du SD-05 en Corée du Sud dès 2028

skydrive

SkyDrive et Verty préparent des vols commerciaux en SD-05 en Corée du Sud dès 2028, entre tourisme, liaisons régionales et vertiports.

Le japonais SkyDrive veut faire voler commercialement son eVTOL SD-05 en Corée du Sud à partir de 2028. Le constructeur a signé le 17 septembre 2026 un protocole d’accord avec Verty, spécialiste sud-coréen de l’exploitation UAM, de la gestion du trafic et des vertiports. Les deux partenaires vont étudier des liaisons touristiques sur l’île de Jeju et des dessertes autour de l’agglomération de Séoul, notamment vers Goyang. Le choix du SD-05 traduit une stratégie précise. Ce multicoptère électrique transporte un pilote et deux passagers, atteint 110 km/h et vise une autonomie comprise entre 15 et 40 km. Il privilégie donc les trajets courts plutôt que les longues liaisons régionales. Surtout, l’accord s’inscrit dans la feuille de route K-UAM de la Corée du Sud, qui prépare officiellement ses premiers services de mobilité aérienne urbaine pour 2028. La certification de l’appareil reste toutefois à obtenir.

Le partenariat entre SkyDrive et Verty prépare une exploitation commerciale

SkyDrive et Verty ne se contentent pas d’annoncer des vols de démonstration. Leur accord porte sur les conditions nécessaires à une véritable exploitation commerciale du SkyDrive SD-05 en Corée du Sud.

Les deux entreprises vont lancer une étude de faisabilité commune. Elle doit examiner la sécurité des vols, les routes aériennes, la création des infrastructures et les conditions d’exploitation. Deux marchés sont déjà identifiés : les vols touristiques et les liaisons régionales entre centres urbains.

L’île de Jeju constitue un cas d’usage évident. Destination touristique majeure de Corée du Sud, elle présente des distances compatibles avec un appareil à faible autonomie. Dans la région métropolitaine de Séoul, SkyDrive cite également Goyang parmi les zones étudiées.

Le modèle économique envisagé est donc très différent de celui d’un avion régional. Le SD-05 doit essentiellement supprimer des portions lentes ou complexes d’un déplacement terrestre.

Cette logique correspond à celle des futurs taxis volants eVTOL : relier rapidement deux points relativement proches sans construire de piste.

Le SD-05 privilégie les trajets courts et la simplicité mécanique

Le SD-05 est un eVTOL de type multicoptère. Il mesure 12,1 m de long, 11,4 m de large et 3 m de haut, rotors compris. Sa masse maximale au décollage atteint 1 400 kg.

L’appareil possède douze moteurs électriques entraînant chacun un rotor. Contrairement à plusieurs concurrents américains ou européens, il ne dispose ni d’une grande aile assurant la portance en croisière, ni de rotors basculants permettant de passer d’un vol vertical à un vol proche de celui d’un avion.

Cette architecture réduit la complexité mécanique. Elle pénalise en revanche l’efficacité énergétique en croisière. Les rotors doivent continuellement produire la poussée nécessaire pour maintenir l’appareil en vol.

SkyDrive annonce désormais une vitesse maximale de croisière de 110 km/h. L’autonomie publiée se situe entre 15 et 40 km (9 à 25 miles), selon la configuration et l’évolution des batteries.

La cabine n’offre que trois places : un pilote et deux passagers. Cette capacité constitue une vraie limite économique. Chaque rotation commerciale devra absorber le coût du pilote, de la maintenance, de l’assurance, de l’infrastructure et de l’immobilisation de l’appareil avec seulement deux sièges payants.

Le SD-05 a donc davantage de sens sur une liaison à forte valeur ajoutée que comme transport urbain de masse.

La propulsion électrique distribuée mise sur la redondance

L’architecture à douze propulseurs répond aussi à une exigence de sécurité.

Chaque ensemble moteur-rotor est contrôlé indépendamment. SkyDrive prévoit qu’en cas de défaillance d’un groupe propulsif, les autres moteurs puissent compenser la perte de poussée.

Les commandes de vol suivent également une logique de redondance. Le système principal comporte trois chaînes et reçoit le soutien d’un système de secours indépendant. Les batteries sont réparties en quatre ensembles séparés, afin qu’une panne localisée ne provoque pas nécessairement une perte complète d’alimentation.

SkyDrive annonce parallèlement environ 65 dB au sol lors d’un survol à 150 m. Cette donnée provient du constructeur et devra être confrontée aux futures conditions d’exploitation réelles. La question acoustique sera déterminante dans des zones urbanisées où la fréquence des mouvements comptera autant que le bruit d’un vol isolé.

La comparaison avec les hélicoptères ne peut donc pas se limiter au niveau sonore. L’eVTOL échange une partie de la mécanique traditionnelle contre davantage de moteurs électriques, de batteries, d’électronique de puissance et de commandes de vol numériques.

Les vertiports deviennent aussi importants que l’aéronef

Faire voler un eVTOL ne suffit pas à créer un réseau de transport.

Il faut des zones d’atterrissage, une alimentation électrique capable de recharger rapidement les batteries, des procédures d’embarquement, des dispositifs de sécurité et une connexion avec les transports terrestres.

Le sujet des vertiports pour taxis volants devient ainsi central.

Le format compact du SD-05 constitue ici un avantage. SkyDrive a déjà réalisé des démonstrations à partir d’une plateforme de seulement 20 m sur 20 m. Le constructeur espère exploiter à terme des emplacements urbains qui seraient difficiles à utiliser avec des appareils plus grands.

C’est précisément le domaine de Verty. Créée en 2018 et basée à Séoul, l’entreprise travaille simultanément sur trois briques : exploitation aérienne, gestion du trafic et vertiports.

Elle développe un modèle baptisé « AAM as a Service ». L’idée est de permettre à une entreprise ou à une collectivité de proposer un service aérien sans devoir construire elle-même toute l’organisation aéronautique nécessaire.

Verty vise également l’obtention d’un certificat d’opérateur aérien pour exploiter des eVTOL en Corée du Sud.

La Corée du Sud prépare déjà le cadre opérationnel de 2028

L’accord prend surtout du poids parce que l’État sud-coréen prépare lui-même l’échéance de 2028.

En juillet 2026, le Ministry of Land, Infrastructure and Transport a détaillé un premier cadre destiné aux services UAM. Trois catégories sont prévues.

La première concerne les circuits touristiques revenant au vertiport de départ. La deuxième doit relier des territoires mal desservis, notamment des îles ou des régions montagneuses, à des centres de population. La troisième concerne les liaisons entre les aéroports et les grandes zones urbaines.

Le gouvernement travaille également sur la formation des pilotes et des techniciens de maintenance, les conditions d’exploitation, la sécurité, le contrôle du trafic, les vertiports et les assurances.

Cette démarche est importante. L’industrie eVTOL a longtemps accumulé les prototypes, les annonces de commandes et les démonstrations. La difficulté commence maintenant : transformer un aéronef expérimental en service régulier transportant de vrais clients.

Le projet sud-coréen rejoint ainsi la stratégie déjà engagée par SkyDrive au Japon, où le constructeur prépare également l’exploitation commerciale du SD-05 dès 2028.

La certification reste le principal verrou avant 2028

Il faut cependant éviter de présenter 2028 comme une date garantie.

Le SD-05 n’a pas encore obtenu sa certification de type. En mars 2026, SkyDrive et le Japan Civil Aviation Bureau ont validé le General Certification Plan, qui définit l’organisation générale des démonstrations de conformité.

Un mois plus tard, SkyDrive est devenu le premier développeur japonais spécialisé dans les eVTOL à recevoir le statut d’Approved Design Organization du JCAB.

Ce sont des étapes importantes, mais elles ne constituent pas une autorisation de transporter commercialement des passagers.

SkyDrive prépare parallèlement l’industrialisation. Sa filiale Sky Works assemble les appareils avec l’appui de Suzuki à Iwata. Le constructeur indique que le site dispose d’une capacité pouvant atteindre 100 appareils par an.

La trajectoire devient donc cohérente : aéronef volant, certification en cours, outil industriel, opérateur local, vertiports et cadre réglementaire.

Reste l’épreuve décisive. Un taxi volant commercial ne sera pas jugé sur une démonstration réussie. Il devra décoller plusieurs fois par jour malgré les contraintes météorologiques, être rechargé rapidement, rester disponible, transporter ses passagers en sécurité et générer suffisamment de recettes pour financer son exploitation.

C’est précisément ce que la Corée du Sud veut commencer à vérifier en 2028. L’enjeu n’est plus seulement de faire voler un eVTOL. Il est de faire fonctionner un réseau aérien.

skydrive